JavaScript is disabled in your web browser or browser is too old to support JavaScript. Today almost all web pages contain JavaScript, a scripting programming language that runs on visitor's web browser. It makes web pages functional for specific purposes and if disabled for some reason, the content or the functionality of the web page can be limited or unavailable.
vieraskieliset / en-francais

La gen­til­le vie­il­le dame avec des beig­nets dans son sac-à-dos

vieraskieliset / en-francais
5.4.2019 8.15

Mart­ta Kois­ti­na­ho (1918–2008) vi­vait dans un pe­tit vil­la­ge au nord de la Fin­lan­de. C’était une fem­me de pe­ti­te tail­le qui était tou­jours prête à ai­der ses amis et ses voi­sins.

En­semb­le avec sa fa­mil­le, Mart­ta ha­bi­tait dans l’école du vil­la­ge, où el­le tra­vail­lait com­me cui­si­niè­re et gar­dien­ne pen­dant tren­te ans. Les pe­tits éco­liers des an­n­ées 1950 peu­vent en­co­re au­jourd’hui se sou­ve­nir de la sa­veur des plats déli­cie­ux qu’el­le leur prépa­rait.

À l’épo­que, les di­manc­hes se dis­tin­gu­aient clai­re­ment des aut­res jours de la se­mai­ne. Pour Mart­ta, c’était le jour où on al­lait à l’église pour l’of­fi­ce. Si el­le ne trou­vait per­son­ne pour l’y em­me­ner en voi­tu­re, el­le fai­sait le che­min de cinq ki­lomèt­res à pied.

Dans le vil­la­ge de Mart­ta, des réu­ni­ons la­es­ta­dien­nes avai­ent été or­ga­nis­ées dès la fin du 19ème sièc­le. Pe­tit à pe­tit, le nomb­re de cro­yants aug­men­tait et on fon­dait des co­mités pour fa­ci­li­ter les tra­vaux d’or­ga­ni­sa­ti­on. Mart­ta fai­sait par­tie de la co­mité de réu­ni­on de son vil­la­ge à par­tir des an­n­ées 1930 et était memb­re de la di­rec­ti­on de l’as­so­ci­a­ti­on de la paix lo­ca­le.

Un vie­il ami décrit les réu­ni­ons du mi­lieu d’été: « Les fem­mes étai­ent tel­le­ment oc­cup­ées là ! El­les avai­ent les jou­es rou­gies par la cha­leur du poê­le à bois avec le­qu­el el­les prépa­rai­ent du café. Quel ba­var­da­ge ! Et Mart­ta, c’était une per­son­ne jo­yeu­se qui ne ces­sait pas de sou­ri­re. »

Pen­dant les réu­ni­ons, on ser­vait du café aux vi­si­teurs, et Mart­ta avait l’ha­bi­tu­de d’y ve­nir avec un sac-à-dos plein de beig­nets qu’el­le avait préparés à la mai­son. Les en­fants étai­ent im­pa­tients de voir Mart­ta ouv­rir son pe­tit sac-à-main noir et en sor­tir des bon­bons pour les plus pe­tits vi­si­teurs de réu­ni­on.

Mart­ta ser­vait com­me en­seig­nan­te dans l’école de di­manc­he pen­dant 50 ans. El­le exp­li­qu­ait les his­toi­res de la Bib­le aux en­fants d’une ma­niè­re très at­t­ra­yan­te. Plus tard, el­le jou­ait un rôle ac­tif dans la mise en place des clubs d’en­fants et de l’école bib­li­que. À l’oc­ca­si­on de fêtes, on pou­vait sou­vent voir Mart­ta sur scène, in­terpré­tant un rôle dans une piè­ce ou réci­tant des poè­mes qu’el­le avait écrits el­le-même.

Mart­ta était aus­si une const­ruct­ri­ce et une bri­co­leu­se ent­hou­si­as­te: el­le par­ti­ci­pait au tra­vaux de const­ruc­ti­on de la sal­le de réu­ni­on de son vil­la­ge et, pen­dant son temps lib­re, prépa­rait des meub­les et des us­ten­si­les en bois pour amé­na­ger sa mai­son. Dans la cour de sa mai­son, on pou­vait voir une pe­ti­te ca­ba­ne en bois et un to­bog­gan qu’el­le avait bri­colé pour les jeux d’en­fants.

Après le départ en ret­rai­te, Mart­ta con­ti­nu­ait sa vie énergé­ti­que. El­le cont­ri­bu­ait à la col­lec­ti­on d’ar­gent pour l’église en fai­sant cuir de gros pains dans sa four pour les événe­ments de ven­te, mais el­le avait aus­si plus de temps pour ses pe­tits-en­fants. Pres­que tous les jours, el­le al­lait ai­der sa fil­le Kat­ri qui vi­vait pas loin de chez el­le avec sa la fa­mil­le crois­san­te.

En plus de la fa­mil­le de sa fil­le, Mart­ta ren­dait sou­vent vi­si­te à d’aut­res fa­mil­les du vil­la­ge. El­le ai­mait dis­cu­ter de la foi, mais aus­si de pe­ti­tes af­fai­res de tous les jours. El­le ne res­sen­tait pas d’amer­tu­me à pro­pos de sa prop­re vie - au cont­rai­re, el­le rec­herc­hait tou­jours des as­pects hu­mo­ris­ti­qu­es de la vie quo­ti­dien­ne. Avec une at­ti­tu­de po­si­ti­ve, el­le répan­dait de la lu­miè­re au­tour d’el­le.

Les amis et les voi­sins de Mart­ta se rap­pel­lent qu’el­le ne comp­tait pas les heu­res pour ai­der les aut­res. El­le tra­vail­lait tou­jours de son bon gré et de son bon cœur, sans de­man­der une récom­pen­se. Pour el­le, ser­vir ses voi­sins et les vi­si­teurs de réu­ni­ons était une gran­de joie et un grand plai­sir.

Tex­te : Rai­ja Lo­hi­lah­ti

Jut­tu on ly­hen­nel­mä kir­jan Nai­set vies­tin­vie­ji­nä (SRK, 2017) ar­tik­ke­lis­ta ”Koko ky­län Mart­ta”.

Kään­tä­jä P.S.

Jul­kais­tu es­pan­jan­kie­li­ses­sä kie­li­liit­tees­sä tam­mi­kuus­sa 2019